Coloré par Rodolphe : l’art de la couleur

Coloré par Rodolphe est né il y a 20 ans dans l’immeuble de Picabia, rue Danielle Casanova à deux pas de la place Vendôme.

Rodolphe, lui, est né en Martinique au milieu des couleurs, veillé par une grand-mère aquarelliste.
L’adolescent veut être peintre. Sa grand-mère le dissuade trouvant l’aventure trop risquée. Elle lui suggère de peindre un matériau inédit : le cheveu. Une autre forme d’aventure car “à l’époque le métier de coloriste n’existait pas. C’était un sous-coiffeur. Une “discipline” presque honteuse. On colorait derrière un paravent pour dissimuler les cheveux blancs ou faire un blond. Le métier n’a été reconnu que dans les années 90 quand les top et les actrices ont lancé la mode de la coloration” se souvient Rodolphe.

Un maître : Alexandre de Paris

Rodolphe découvre la couleur à Paris. Il envoie une lettre par mois pendant presque un an à son maître, Alexandre, qui règne alors sur monde la coiffure. Il est enfin admis. Par hasard et par goût. Son profil rappelle à Alexandre un dessin de Cocteau. “J’ai tout appris chez lui. De la technique à l’écoute indispensable à la réalisation”.

La couleur : des codes sociaux et sexuels

Trente ans plus tard il est à son tour un maître de la couleur et de ses codes.
Les codes ? “Il faut absolument décrypter la personnalité en analysant le discours mais aussi le langage corporel ainsi que les intentions de la cliente. Il y a celles qui veulent être vues. Je leur ferai un blond platine, un rouge flamboyant. Il y aussi celles qui jouent avec le vu-pas vu, les discrètes qui cherchent une couleur en demi teintes”.

Pour Rodolphe, la couleur est une affaire de subtilité. “Dire “Je veux un blond” ça ne signifie rien. Les coloristes doivent enrichir leur vocabulaire pour balayer la palette des tons. L’art aide beaucoup. Je donne à mes élèves des exemples de toiles de maîtres. J’ai aussi réalisé des couleurs à partir d’oeuvres de Soulage, Rothko, Miro. Je leur montre afin d’élargir leur horizon “pigmentaire” et ainsi de mieux répondre aux attentes des clientes”

La couleur : l’art de la lumière

Féru d’art, Rodolphe a une clientèle de comédiennes et d’artistes.
Aujourd’hui, il reçoit la dramaturge Anne Delbée qui met la dernière touche à son spectacle. “Je vais faire un voile de lumière en partant du haut de la tête tout en délicatesse en emprisonnant quelques cheveux dans des feuilles d’aluminium” explique le coloriste. “Je vais poser au pinceau une base plus sombre entre les feuilles pour sublimer la couleur. L’objectif est de d’être en phase avec le show, de capter au mieux la lumière des projecteurs”.

Une éclipse de pose et de shampoing plus tard, le résultat est lumineux.

Anne Delbée sera solaire dans son spectacle l’Aiglon.

https://www.coloreparodolphe.com/

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