Pavillon de la Muette restauration et destination week-end

Pavillon de la Muette restauration et destination week-end nature x culture. Après 5 ans de rénovation le relais de chasse commandé par Louis XV s’ouvre au public en plein cœur de la forêt de Saint-Germain-en-Laye.

Belvédère du Pavillon de La Muette. Vue à 360 degrés sur la forêt de Saint-Germain. Un espace demandé par Louis XV. Le roi désirait suivre la chasse même vieux et invalide.

Un pavillon de La Muette : le Petit Trianon de Maisons-Laffitte

Vue sur la forêt de Saint-Germain-en-Laye

Le pavillon de La Muette a été voulu par le souverain pour les rois de France. Ange-Jacques Gabriel l’a conçu. Une commande royale de 1767. L’architecture star de l’époque a aussi imaginé la place Louis XV (l’actuelle place de la Concorde), l’École Militaire, le château de Compiègne et surtout l’iconique Petit Trianon de Versailles. Mais le relais de chasse n’a pas surgit du néant. Il a été construit sur l’emplacement de l’ancien château de François Ier, tombé en désuétude quand le pouvoir royal migra de Saint-Germain-en-Laye à Versailles. Il n’en restait que les sous-terrains et un puits. Ange-Jacques Gabriel travailla sur les fondations du Château situé au Carrefour de la Meute. La Muette dérive d’ailleurs de ce nom.

Vue façade sud au carrefour des chemins de la Meute

« Le Pavillon de chasse, achevé en 1775, a été surnommé le Petit Trianon de Maisons-Laffitte » rappelle Emmanuel Basse l’un des propriétaires. « Il a les mêmes proportions : une façade de 23 mètres ainsi que 5 portes-fenêtres surmontées de 5 fenêtres carrés ». Les boiseries ont été réalisées par les ateliers Guesnon et Clicquot, artisans ébénistes du Petit Trianon.
« Les travaux du Pavillon de La Muette connurent des retards » poursuit Emmanuel Basse. « D’une part à cause des problèmes de trésorerie de la couronne. D’autre part parce que les ouvriers rechignaient à travailler sur un chantier sans tavernes où loger et se distraire ».

Le Pavillon de la Muette de l’ancien au nouveau régime

Épargné par la Révolution française, le Pavillon redevient hype sous le I’Empire. Napoléon renoue en effet avec les usages de la monarchie et donc avec la chasse. « Il n’était pas bon chasseur. Pour l’anecdote il tira dans l’œil de Massena lors d’une partie de chasse. Et s’exclama alors « Berthier (général puis maréchal d’Empire) vous tirez comme un pied » raconte Emmanuel Basse. Plus tard, Napoléon III cultivera le goût des chasses royales de la Restauration après son abandon partiel sous Louis-Philippe. L’occasion notamment d’honorer la visite des souverains. « La reine Victoria vient en personne célébrer l’Entente cordiale de de 1885. Elle passe une journée au Pavillon de la Muette où elle participe à une chasse à courre ».

La chasse : privilège de castes

Le Pavillon de la Muette est l’un des plus imposants relais de chasse de l’ancien régime. « La chasse n’était pas un univers de courtisans comme le Petit Trianon, c’était la continuation de la guerre sous une forme civile » explique Emmanuel Basse. La chasse était alors réservée à la noblesse. L’étiquette y était toutefois moins stricte et l’on pouvait approcher plus facilement le roi. Mais seules les grandes familles du royaume accédaient à l’ultime fonction. Celle du Grand Veneur, « Grand officier de la Maison du Roi responsable des chasses royales ».

Les rois chassaient à Saint-Germain-en-Laye l’hiver car, contrairement à la plaine glaireuse de Versailles, le sol sablonneux limitait les chûtes. » Mais les chemins n’étaient pas sûrs, même pour le roi » indique Emmanuel Basse. « Les souverains ont donc pensé des pavillons où dormir ».

Une restauration de 6 millions d’euros

Salon octogonal

Le restauration du Pavillon de la Muette a duré 5 ans. En 2019, deux promoteurs immobiliers, Emmanuel Basse et Benoît d’Halluin on racheté le domaine pour 1, 6 million d’euros. Le Pavillon avait été vendu par l’ONF à un autre particulier, ce qui avait suscité une polémique autour de la confiscation des biens historiques. Les deux mécènes ont investi 6 millions d’euros pour la restauration et ont notamment bénéficié de subventions de la DRAC. Emmanuel Basse et Benoît d’Halluin ont travaillé avec le cabinet Perrot & Richard architecte des Monuments Historiques.

Salle du débotté

« Le bâtiment était au bord de l’effondrement, la restauration a failli ne pas pouvoir se faire » estiment les propriétaires. Elle a concerné le salon octogonal et ses 8 mètres d’un plafond rongé par les nuisibles. Un salon aux boiseries du XVIIe siècle en chêne, aux fenêtres vieilles de 250 ans, à la cheminée de marbre « rouge du Languedoc » originaire du Grand Trianon où trône un buste de Louis XV. Ensuite, le salon du débotté où les plinthes reprennent la couleur du marbre de la cheminée. Des sofas accueillent désormais les visiteurs avec ou sans bottes.

Napoléon à l’étage

Chambre de Napoléon

À l’étage « La charpente, la toiture, les chéneaux, tout a été compliqué » notent Emmanuel Basse et Benoît d’Halluin. La chambre de Napoléon a été décorée dans l’esprit « campement » avec un lit en alcôve, des tentures en cotonnade Pierre Frey, un tableau qui rappelle la campagne d’Italie et un mobilier empire. Un passage discret mène à la chambre de Marie-Louise, seconde épouse de l’empereur. Une chambre forestière et d’autres « d’appoint » complètent le tout. Total des couchages : 20.

Tapisserie et luminaires design ornent les murs l’escalier.

L’art contemporain est aussi présent avec une toile Echo de l’artiste polonaise Katarzyna Wiesiolek qui rappelle les Nymphéas de Monet.

Echo de Katarzyna Wiesiolek

La maison forestière annexe -celle du gardien- a aussi été restaurée.

Destination culture et week-end

Parterre de millepertuis et de chanvre

Les nouveaux propriétaire réfléchissent à une offre culturelle. Au programme : poésie, expositions, théâtre …

Une manière de renouer avec l’histoire. Car le Pavillon inspira des artistes comme Louis-Nicolas Van Blarenberghe (1716-1794). Il figure également dans les Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand.

Emmanuel Basse et Benoît d’Halluin évoquent par ailleurs un trail entre châteaux.

Prairie arborée

On peut venir respirer lors de visites. À l’origine, le pavillon de chasse était ouvert sur la forêt. « Nous avons voulu respecté cet esprit arboré » note Emmanuel Basse. Résultat : « une prairie libre avec notamment des millepertuis ou encore du chanvre. L’allée historique voisine les chênes tandis qu’une double rangée d’arbres a été plantée en charmes ».

Mais le cœur du modèle économique repose toutefois sur l’organisation d’anniversaires et de mariages. Car oui, il est possible de privatiser et de dormir dans le lit de Bonaparte et dans celui de Marie-Louise. Coût : 15 000 euros. Forêt 🌳 incluse évidemment !

INFOS

Pavillon de la Muette

Toutes les infos sur la site Pavillon royal de la Muette

Related article Pavillon de la Muette restauration et destination week-end

Grand Appartement de la Reine : réouverture au Château de Versailles

Expo Oudry pose ses cartons de chasse à Fontainebleau