Beau livre Vilains Vilaines le cinéma et ses monstres

Beau livre Vilains Vilaines le cinéma et ses monstres. Pour les fêtes dégustez les pires méchants d’Hollywood et méfiez vous du Père Noël !

Vilains Vilaines mythes et tabous

Hollywood ne serait rien sans eux. D’Hannibal le cannibale au Joker en passant par Catwomam et Bellatrix Lestrange, ils font exploser le box office. Mais que cache ce penchant ? Dans quels stéréotypes sociaux ou inconscient collectif les vilains/vilaines puisent-ils/elles leurs attraits ? De quelles peurs tirent-ils/elles leur force d’attraction. C’est notamment ce que Julien Magalhães décrypte dans ce beau-livre de près de 200 pages très richement illustré.

Il y a d’abord les mythes et les religions. La figure de la sorcière par exemple à mettre en regard avec le personnage d’Annie Wilkes (Misery) ou encore celui de Bellatrix Lestrange, qui flirte de surcroit avec le nazisme, ou bien Catwoman figure humaine de la déesse égyptienne Bastet. A l’appui, le livre affiche tableaux (Les sorcières-Goya), photos et miniatures. De plus, les femmes vilaines sont fortes. Et les femmes fortes font peur. Miranda Priestly « la tsarine » de « Le Diable s’habille en Prada » fait ainsi trembler Runway. Les femmes Vilaines sont aussi célibataires. Catwoman ou Annie Wilkes part exemple, cette dernière étant par ailleurs infanticide, le pire des sacrilèges. Bref les vilains/vilaines puisent dans un solide héritage de peurs et de tabous comme le font les contes de fées regorgeant de meurtriers-ères sadiques.

Ensuite le cinéma joue avec les interdits. Le très sexy vampire Lestrat de « Entretien avec un vampire » entretient justement l’ambivalence entre érudition, beauté, goût pour l’habit et homosexualité. Julien Magalhães rappelle qu’Hollywood a du longtemps ruser pour déjouer le code Hayes de 1934 interdisant de parler d’homosexualité à l’écran. Ursula « drag queen » de « La petite sirène » incarne aussi un défi à l’ordre moral. Et bien sûr le Joker qui ébranle tout Gotham City. L’ajout du tableau « Figure du fou regardant ses doigts » (Frans Verbeek ?) est particulièrement bien venu et ouvre la porte à tous les clowns aux grandes et innombrables dents qui sèment le terreur dans le 7ème art.

La panoplie du vilain et de la vilaine

L’auteur est consultant en histoire et professeur des modes et du costumes. Il peut donc habiller et déshabiller, maquiller et démaquiller les pires créatures des films cultes. Avec humour. On ne résiste pas à Xerxès « Le roi perse tendrement dessiné et glabre comme une escalope ». Un condensé de la construction de l’Orient au 19e siècle avec en vedette le tableau de Delacroix « La mort de Sardanapale ». Dans la panoplie, une page qui détaille les caractéristiques d’un look de vilain/ne, on lit aussi :

« L’eyeliner utilisé pour souligner les yeux de Xerxès par-dessus un fard nacré aurait sans doute été l’élément vedette du visage s’il n’avait pas été surmonté des sourcils les plus courts de l’Antiquité. Arqués avec la précision du théorème de Pythagore, leur bout carré et leurs pointes effilées ne laissent aucune chance de survie à la démocratie athénienne ». À côté des pages « Panoplie », Julien Magalhães propose des codes couleurs des grands vilains/vilaines.

Enfin les Vilains/Vilaines ont des failles qui les humanisent et génèrent donc une certaine empathie. Exemples éclatants Le Joker x Joaquim Phoenix ou Maléfique incarnée par Angelina Jolie dans un blockbuster où l’on découvre pourquoi le fée est devenu un symbole du mal.

Bref Vilains Vilaines est un livre à dévorer en riant.

INFOS

Vilains Vilaines Julien Magalhães 28 E

Éditions Gallimard Hoëbeke

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