Le Château de Versailles fête 150 ans de République

Le Château de Versailles fête 150 ans de République. Un parcours sur les lieux de pouvoir qui ouvre des espaces somptueux, sort des réserves mobilier, sculptures et tableaux de présidents, pointe l’importance du palais de Louis XIV dans la vie démocratique.
Proclamée en 1870, la IIIe République s’impose en 1875 … au Château de Versailles. Sous les ors de la monarchie absolue. Un paradoxe ? Une farce de l’histoire ? Non car la « fronde » du tiers état lors des états généraux de 1789 puis le serment du Jeu de Paume à quelques pas comptent parmi les événements fondateurs de la Révolution française. Depuis, le palais de Louis XIV a beaucoup servi la démocratie et continue de jouer un rôle dans la vie de la République.
Pour fêter les 150 ans de République, Versailles propose donc un parcours traversant le château depuis l’opéra royal dans l’aile Nord jusqu’à l’appartement du Président de l’Assemblée dans l’aile du Midi en passant par la salle du Congrès et celle du Sceau. Un parcours qui suit les lieux de pouvoir de la République en incluant aussi le Jeu de Paume et l’Aile de Trianon-sous-bois.
Opéra royal : mémoire politique et architecturale

L’opéra royal est un écrin festif voulu par Louis XV. Il sert notamment de cadre aux festivités de mariage du futur Louis XVI et de Marie-Antoinette. Les députés s’y installent en 1871. C’est en effet la seule salle assez vaste pour accueillir les 690 élus. Élus qui dorment dans la galerie des Glaces sur des lits de camps. C’est également ici que l’amendement Wallon est adopté. L’amendement du 30 janvier 1875 instaure l’élection du président de la République par le Sénat et la chambre des Députés réunis en Assemblée.
Le décor est aménagé pour mieux « coller » à la nouvelle vie parlementaire. Une verrière remplace le grand plafond peint par Louis-Jean-Jacques Durameau au XVIIIe siècle. La fosse d’orchestre est fermée à hauteur de scène. Par ailleurs un mur est érigé et une tribune est construite.
L’Opéra reste affecté au Sénat jusqu’en 1959. Il a préalablement retrouvé son architecture d’origine. Celle d’Ange-Jacques Gabriel. Côté couleurs, on passe du rouge et or de Louis-Philippe au vert et or des débuts.
Pour les amateurs d’art lyrique l’Opéra propose une nouvelle programmation soignée.
La salle du Congrès et les ors de la République

Autre lieu de pouvoir : la salle du Congrès. L’Opéra s’avère trop petit pour accueillir l’ensemble des parlementaire en Congrès. Une nouvelle salle est donc bâtie en 1875 -et en seulement six mois- au cœur de l’aile du Midi. Forte de 1 500 places, elle est plus grande que les hémicycles de l’Assemblée nationale et du Sénat. Au cœur de ses 600 m2 la nouvelle salle accueille 348 sénateurs, 577 députés ainsi que le public.
Au milieu du rouge et de l’or, du bois et stuc, on distingue le soleil de Louis XIV, des colonnes très ancien régime et, dans des cartouches, les noms des 18 plus grandes villes françaises. Surplombant le perchoir, deux tapisseries des Gobelins et un tableau qui illustre la cérémonie d’ouverture des états généraux. On aperçoit également des F doubles et retournés. Et non des RF. « La république ne s’impose pas d’emblée. Il faut attendre avant que le sigle RF s’affiche » précise Frédéric Lacaille, conservateur en chef. Le Président Mac Mahon, comte de Mac Mahon, 1ᵉʳ duc de Magenta, fervent royaliste, est par exemple particulièrement rétif à la pérennité de la République.
Entre 1875 et 1953, les représentants du peuple élisent seize présidents de la République. Dont deux à deux reprises.

Le Château de Versailles reste toujours un lieu républicain. Le président de la République convoque le Parlement ici au cœur du symbole de la monarchie absolue. Et c’est également au Château que la constitution s’enrichit de nouvelles dispositions (la dernière en date étant l’inscription de l’IVG dans le marbre de la république). La salle du Sceau expose la machine qui authentifie les actes de la République. Une œuvre de l’ingénieur Guillaume qui pèse 150 kg.

Appartement du président du Congrès : espace de vie parlementaire

Le passage d’un lieu à l’autre est l’occasion de belles déambulations, comme dans la galerie qui honore notamment les héros des guerres napoléoniennes. Ou encore dans la salle Marengo où est exposée la célèbre toile de David représentant Napoléon premier consul sur un cheval blanc cabré. Indéniablement un chef d’œuvre de propagande.

La salle Marengo attenante à l’appartement du président du Congrès servait d’espace de dépouillement des votes.

L’appartement du président du Congrès, lui, témoigne de la vie parlementaire. Il était le lieu d’investiture du Président mais aussi un cabinet de travail. Afin de restituer cette vie parlementaire, le Château de Versailles a puisé dans ses réserves. Il en a sorti du mobilier XIXe et du XXe siècle ainsi que des sculptures.

Des tableaux ont également été choisis pour orner les murs. On remarque Gambetta, Doumergue, Sadi Carnot, mais aussi un Adolphe Thiers qui émerge d’un énigmatique noir absolu.
Aile de Trianon-sous-bois : la résidence des présidents
Le parcours des lieux de pouvoir inclut par ailleurs la salle du Jeu de Paume et l’Aile de Trianon-sous-bois. Dans la première, les frondeurs des états généraux font le serment de ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution à la France. Le Général de Gaulle fait de l’aile du Trianon le lieu de résidence de Présidents. Le lieu est rétrocédé au Château de Versailles en 2009.

Photo principale Salle du Congrès ©Château de Versailles
INFOS
Le parcours des lieux de pouvoir est une initiative du président du château de Versailles, Christophe Leribault. La programmation s’adresse d’abord aux scolaires, aux publics choisis et aux touristes d’île de France.

Versailles célèbre 150 ans de république, les lieux de pouvoir dévoilés
Programmation ici Château de Versailles
La salle du Congrès est ouverte avec l’aimable autorisation de Yaël Braun-Pivet, Présidente de l’Assemblée nationale.
Du 15 février et jusqu’à la fin du mois de septembre.
La semaine, en visite guidée uniquement.
Tous les week-ends et jours fériés, en visite libre et en visite guidée. Horaires de 10h à 17h30 (jusqu’au 31 mars) et de 10h à 18h30 (à partir du 1er avril).
Grand Trianon – Aile de Trianon-sous-bois`
À partir du 1er avril
Tous les week-ends en visite libre et en visite guidée. De 12 h à 18h30.
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