Art Frank Bowling et les paysages

Art Frank Bowling et les paysages. La galerie Hauser & Wirth expose « Collage » des grands formats de l’explorateur britannique de l’abstraction qui, à 91 ans, continue d’innover.
Sur deux étages des toiles de plus de quatre mètres. Il fallait au moins cela pour la première exposition personnelle en France de Richard Sheridan Patrick Michael Aloysius Franklin Bowling OBE RA. Autrement dit Sir Frank Bowling, né en 1934 au Guyana (ancienne colonie britannique de Guyanne). Le jeune homme arrive à Londres en 1953, intègre le Royal College of Art d’où il sort, en 1962, avec la médaille d’argent pour la peinture. Il part quatre ans plus tard aux États-Unis initiant un va-et-vient entre Londres et New-York, une relation transatlantique aussi durable que fructueuse.

Frank Bowling confronte en effet la peinture de paysage d’un Constable à l’abstraction américaine. Une touch, une signature qui comprend aussi l’incorporation d’éléments personnels dans ses toiles. L’artiste s’attache également à la couleur et à la surface avec en acmé la série des « Map Paintings » qui comprend les masses continentales au pochoir d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Australie.
La série est la pièce maîtresse de l’exposition «Faultlines: Contemporary African Art and Shifting Landscapes», à la 50e Biennale de Venise. Frank Bowling cumule les expositions, figure dans plus de 50 collections. En 2022, il reçoit le prix Wolfgang Hahn qui honore des artistes contemporains exceptionnels.
Le résultat de ce chemin artistique hors pair s’offre partiellement sur les murs de la galerie Hauser & Wirth Paris. Des couleurs, des coulées, des masses colorées à la Rothko, des fugacités cosmiques à la Hans Hartung, des découpages à la Matisse
Abstraction, collages, paysages

Des œuvres se découpent. Dancing, une chute d’eau vertigineuse toute en hachures et coulées sous un plan d’eau racinaire d’où émerge un arbre, lui même surplombé d’une constellation. « Des toiles texturées épaisses combinées à l’art de la couleur ont été décrites comme évoquant le paysage, les lits de rivière et les couches géologiques » rappelle la galerie. Impression que l’on retrouve notamment avec Dawn ou bien encore Water tout en couleurs chaudes et … exonéré de bleu. Water, oui, entre la Tamise et l’Hudson les fleuves se sont jamais très loin.

Plus loin Skid incarne peut-être l’évidence des collages avec ses cinq masses inégales personnalisées par un point rouge, ou encore des nuées, et séparées par des traits noirs discordants. Un renouvellement de l’usage des toiles collées ainsi que du marouflage. On distingue aussi sur la toile de 4,4 m la présence de fragments d’objets, témoins personnels des rencontres de l’artiste avec la vie.

La galerie Hauser & Wirh se penche sur l’attirance de Bowling pour le collage qui s’inspire en partie des découpages d’Henri Matisse. Une découverte qui remonte à la fin des années 50, puis à nouveau lors de la rétrospective organisée par le MoMa à New York en 92. L’escargot de Matisse (1953) et son motif en spirale se retrouvent dans plusieurs collages de l’artiste. Notamment Back to Snail.

INFOS
Frank Bowling. Collage
Du 22 mars au 24 mai 2025
Image principale Dan Bowling devant Orangecentered
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