PAD Paris les 3 plus belles installations design

PAD Paris les 3 plus belles installations design. De la répétition d’un opéra wagnérien au songe de bronze burkinaké en passant par une table arbre de résine d’insectes.
Le PAD Paris (Pavillon des Arts et du Design) 2025 célèbre le design à travers un large prisme qui va de l’orfèvrerie aux objets décoratifs en passant par le textile.
Sur les stands des 74 exposants la scénographie est souvent un sacre des arts de la main. Parfois de l’art x design parfois aussi du design x environnement.
Voici notre sélection des 3 meilleures « galeries de l’imaginaire ».
Ode aux walkyries : écoféministe nordique chez Amélie du Chalard

Tout d’abord Amélie du Chalard et son « Ode aux Walkyries ». Sur le booth se joue une répétition houleuse dont témoignent les centaines de partitions jonchant le sol. Celles de l’Or du Rhin, chef-d’œuvre d’un Wagner tempétueux dont on retrouve non pas le fauteuil de compositeur mais un modèle d’époque. Dans cette exposition qui mêle art et design, la tenture monumentale de Bonnie Colin répond à la rage du maestro incarnée par les feuilles éparses. Verticalité contre horizontalité.
Mais les vedettes du spectacle sont évidemment les filles d’Odin. Quatre guerrières de Tanguy Tolila en tuiles anciennes et bois. « Tanguy Tolida est un artiste protéiforme qui travaille avec le papier, les livres anciens et les partitions de musique comme support » précise Amélie du Chalard.

Les Walkyries reposent sur le mobilier de l’artiste nordique « éco-consciente » Marte Mei. Des étagères de bois et céramique évocatrices peut-être de la forêt traversée par les glaneuses d’âmes. Tandis que les villages investis par les chevauchées fantastiques s’incrustent dans une fenêtre de l’artiste allemand Gerd Kanz.
Design biomimétique chez Sarah Myerscough

Numéro 2 : la galerie Sarah Myerscough qui expose aussi pour la première fois. La Britannique explore le brut du bois et magnifie ses graphes organiques. Elle privilégie les matériaux durables, des explorations alliant nature et technologies avec comme résultat des objets du commun aux formes stupéfiantes.
Au premier plan une table extraordinaire digne d’une série fantastique ou bien du château de la Belle et la Bête version Cocteau. L’œuvre de Ori Orisun Merhav « Meet under an insect tree » est faite de lampes de résines d’insectes.

À ne pas rater non plus Marlène Huissoud et son Black Sheep Cocoon Cabinet. Une armoire faite d’une structure en chêne, habillée de cocons de vers à soie recouverts d’une résine biologique produite par les abeilles. Un objet qui s’inscrit dans le projet Made by Insects. La designeuse belge s’intéresse en effet à l’étude des insectes « Kerria Lacca », qui transforment les sucres des arbres en polymère. Elle utilise ensuite des techniques de verre soufflé.
Songe de Bronze chez Maison Intègre

Depuis 2017, Maison Intègre est installée à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Elle fabrique des meubles et des objets en bronze à partir du savoir-faire ancestral de la cire perdue. Ceci à partir de métaux recyclés et de matériaux naturels. Aujourd’hui la maison emploie une quinzaine d’artisans locaux avec pour objectif de faire rayonner le savoir faire burkinabe.
Au PAD, Maison Intègre orchestre une célébration du bronze à travers une scénographe tout en épure. Longue assise dorée rehaussée d’un linge blanc, console ondulée sous une tapisserie de fibres protubérantes, Lampe Y, imaginée par Noé Duchaufour-Lawrance en écho au baguettes de sourciers.
L’assise est un banc qui s’inspire des très grands lits Senoufo (Côte d’Ivoire). Son immense plateau repose sur des pieds élancés qui font écho à ceux des tabourets Nupe (Nigeria). Les artisans ont passé près de quatre mois à réaliser cette pièce.
Le tableau est fait de quatre pagnes tissés en tissage Dinana «ce qui a été jeté». En effet l’association partenaire de Maison Intègre récupère les déchets souples des décharges à ciel ouvert de Ouagadougou. « Lavés, puis découpés en bandes afin de créer un fil, ils sont par la suite tissés sur métier traditionnel Bwaba (ethnie des tisserands) » précise la galerie.
Enfin la console reprend certains mouvements de la tôle ondulée, très populaire au Burkina Faso.
BONUS

La biologie et la nature se mettent également au service du design avec l’artiste Taras Yoom. Basé à Bangkok, il a créé la galerie Yoomoota qui brouille les frontières entre réel et imaginaire. On croise un échiquier d’aliens ou plutôt de créatures biomorphiques. Car l’ancien médecin met sa connaissance de l’anatomie au service d’un design surréaliste cosmique qui crée des objets comme la Lymphochair ou la Thymus sculpture.
Toujours dans le très coloré et l’inspiration surréaliste, l’installation remarquable de la Pulp Galerie signée Cyrille van Dievoet et Hugo Travaux (photo principale). Sur un échiquier géant, les œuvres sculpturales de Gaetano Pesce attendent peut-être que quelqu’un joue un coup de maître. Matières translucides, pieds innombrables (qui font tanguer les visiteurs), luminaires piment, tout est fait pour attirer l’œil.
Journaliste Léonore Cottrant
INFOS
Jardin des Tuileries, Paris 75001
Métro Tuileries / Ligne 1
Du 2 au 6 avril 2025
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