Yoann Bourgeois et l’art contemporain

Yoann Bourgeois et l’art contemporain. L’artiste circassien a enchanté la nocturne de MaSH, la soirée des galeries en prélude à la semaine de l’art à Paris. Rencontre.
Par Léonore Cottrant
Depuis 2024, MaSH (Association Matignon X Saint-Honoré) organise la grande soirée de lancement de la Paris Art Week. Événement officiel en lien avec Art Basel Paris, la seconde édition a réuni 37 galeries sur une avenue Matignon piétonnisée, ouverte aux performances et aux vernissages.
Pierre Yovanovitch, amateur d’art et de patrimoine, parrainait les festivités. Pour l’architecte « Il faut oser les rencontres improbables. Ce sont elles qui attirent des publics nouveaux, curieux, ouverts, parfois éloignés du monde des galeries« . Le choix, en « guest star », de Yoann Bourgeois n’avait alors rien d’étonnant. Funambule, acrobate, metteur en scène et chorégraphe, le Jurassien « s’attache depuis toujours à décloisonner les approches et les espaces artistiques ». Sa performance Metamorphosis II orchestre un ballet de chutes et de rebondissements autour d’un escalier et d’un trampoline. Le tout sur une musique de Philip Glass. Résultat : un public captivé et une décharge émotionnelle palpable.
Le présent pour résister à la mort
Mais quel rapport avec l’art contemporain ?
« L’art performatif est indéniablement une branche de l’art contemporain » répond Yoann Bourgeois. « Toutefois il y a une véritable différence entre les arts de l’éphémère et les arts qui s’inscrivent dans un matière durable. En effet, moi, ma matière c’est le temps : quelque chose qui apparaît et disparaît. Je m’inscris dans un rapport au temps qui est, au final, un rapport à la mort. Certes, je suis convaincu que tous les arts cherchent à résister à la mort. Mais, à une certaine échelle (avec des limites). Car, même une pyramide d’Égypte finira en poussière.
Il y a quelques années, j’ai découvert une manière de résister à la mort. C’est l’ancrage dans le présent. Et décider le présent ça n’a l’air de rien, pourtant, c’est qu’il y a de plus dur au monde. C’est ce que j’appelle la recherche de suspension ».
La suspension entre fuite et élévation ?
« La suspension est évidement un endroit polysémique. C’est à la fois une élévation oui, un point ultime aussi, une absence de poids -au sens physique- et un instant exact, présent absolu. Et juste là, à croisée de ces deux champs, l’absence de poids et l’instant exact, s’ouvre pour moi une petite fenêtre sur l’éternité ».
À 44 ans, Yoann Bourgeois promène son apesanteur autour du monde. Avec sa troupe : la Yoann Bourgeois Art Company. Il a ainsi accompagné la flamme olympique devant le Panthéon avant les JO de Paris. En 2025, il se produit notamment en Suisse et en Asie (Shanghai-Chine, Guangzhou-Hong Kong). En attendant de se poser dans un nouveau lieu, « Au cœur d’une nature abrupte et vertigineuse en Chartreuse ». À suivre donc …
Photo principale : crédit Yoann Bourgeois Art Company
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