Bucheronnage sportif, joutes et gouren : les sports-spectacle de l’été

Bucheronnage sportif, joutes et gouren : les sports-spectacle de l’été. Aux quatre coins de la France, force brute, adresse folle et patrimoine vivant : voici trois expériences gratuites (ou presque) à ne surtout pas rater.

Bucheronnage sportif : les gladiateurs de la tronçonneuse

© Stihl Timbersports


Les Bleus n’iront pas en finale de Coupe du Monde de foot, mais il nous reste un espoir… en bûcheronnage sportif ! Ce 25 juillet à Chamrousse (Isère), Christophe Trincaz et Alain Guimet vont tenter de profiter de l’avantage du terrain pour décrocher leur billet pour les Championnats de France.

Imaginez des troncs qui volent, des haches qui fendent l’air à la vitesse de l’éclair et des tronçonneuses qui hurlent. Bienvenue dans le bûcheronnage sportif !


Né dans les forêts de Tasmanie à la fin du XIXe siècle, ce sport de gladiateurs du bois a conquis l’Australie, la Nouvelle-Zélande, puis l’Amérique. En France, il s’est structuré dans les années 2000 et explose aujourd’hui. Au programme, six épreuves ultra-spectaculaires : Springboard -hache sur tremplin-, Hot Saw -tronçonneuse de compétition-, ou encore Single Buck -scie passe-partout….

Les femmes reines de la hache

Andrea Hand © Stihl Timbersports


Longtemps réservé aux hommes, le sport s’ouvre de plus en plus aux femmes. En Australie, l’athlète Cheyanne (mise en avant par le magazine HerCanberra dans « Women of Woodchopping ») entraîne aujourd’hui des « axewomen » et raconte un univers où elle ne s’est jamais sentie jugée sur son physique. Mieux ! En 2026, la discipline a inauguré son premier Championnat du Monde féminin STIHL TIMBERSPORTS®, remporté par la Canadienne Andrea Hand. En France aussi, la dynamique est là : le dimanche 26 juillet à Chamrousse, plusieurs athlètes féminines s’affronteront lors de la compétition amicale, dont Ophélie Guimet (Alpes), Maeva Jaffré (Bretagne) et Montaine Jeanblanc (Corrèze).

Côté environnement, les troncs proviennent de plantations dédiées (peuplier hybride à croissance rapide), certifiées, et les chutes sont recyclées en pellets ou bois de chauffage. Reste le carburant !

  • 25 juillet à Chamrousse (Isère) → dernière manche qualificative pour les Championnats de France (avec Trincaz et Guimet en guests locaux !).
  • 22 et 23 août à Sainte-Croix-aux-Mines (Alsace) → les finales nationales.

Puissance, précision et technique font la différence.

Info sur le site de Chamrousse

Les joutes nautiques : chevaliers des canaux

Joutes à Sète © ville de Sète

Direction le Sud et l’Est ! Perchés sur leur « tintaine », lance en main, deux guerriers tentent de se faire basculer à l’eau sous les cris du public. Ouvrez grands les yeux, voici les joutes nautiques ! Choc des lances, équilibre précaire, plongeons spectaculaires… c’est du grand spectacle vivant!

À Sète, la tradition remonte à 1666. Ailleurs, on joute sur le Rhône, en Camargue ou en Alsace, avec des règles différentes selon les régions. La joute lyonnaise avec la lance la plus longue et la plus lourde, la joute givordine, où les bateaux se croisent par la droite, ou encore la joute alsacienne, pratiquée pieds nus et sans protection. Le spectacle est toujours aussi physique que théâtral!

À noter : la joute languedocienne sètoise est inscrite à l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel français.


Sur les canaux comme sur le Rhône, les jouteuses s’entraînent aujourd’hui aux côtés des hommes dans les mêmes sociétés nautiques, et certaines ligues organisent désormais des tournois 100 % féminins depuis 2004.

Côté impact écologique, les joutes n’ont quasiment aucune empreinte : pas de moteur, des barques traditionnelles en bois entretenues et réutilisées d’année en année, et des lances qui, une fois brisées, sont simplement refaites par les sociétés nautiques elles-mêmes.


Pic de la saison : les fêtes de la Saint-Louis fin août à Sète. Un incontournable du patrimoine maritime français.

Info sur le site de la FFJSN

Le gouren : l’art celtique de la lutte

© Ministère de la culture

Cap enfin sur la Bretagne.

Debout, en kabig (veste traditionnelle en toile), un objectif : projeter l’adversaire sur le dos pour marquer le « lamm ». Enchaînement de balayages, fauchages, kikedoù (enroulés de jambes) … avec le respect ! Chaque combat s’ouvre en effet par un salut entre les deux lutteurs. Voici le gouren, la lutte bretonne ancestrale, technique, et bretonne dans l’âme et les tripes. Ou presque.

La lutte serait en effet née d’un brassage culturel entre la lutte apportée par les Bretons et les Irlandais lors des migrations du IVe au VIe siècle et celle déjà pratiquée par Armoricains.

Depuis, il a fait son chemin jusqu’à être inscrit à l’Inventaire national du patrimoine culturel immatériel en 2012.


Chaque week-end d’été, un tournoi enflamme un village : Plouzané, La Forêt-Fouesnant, Concarneau (Festival des Filets Bleus début août)… L’ambiance est chaude, la ferveur communicative, et les femmes sont de plus en plus nombreuses sur les aires de lutte. Parmi les tournois 100 % féminins, celui de Belle-Isle-en-Terre réunit une trentaine de lutteuses. Le vocabulaire même de la discipline distingue les « gourenerien » (lutteurs) et les « gourenerezed » (lutteuses). De quoi twister une bonne fois pour toutes l’image d’un sport de force forcément masculin.

Impact environnement? La lutte bretonne est aussi un bon élève. Le gouren se pratique à mains nues, sans matériel lourd, sur une simple lice de sciure l’été, un sport “sobre” par nature.

Bûcherons, jouteurs et lutteurs bretons n’ont a priori rien en commun. Et pourtant, ces trois disciplines partagent la même trajectoire : nées d’un geste traditionnel, d’un métier ou d’un savoir-faire rural, elles se sont structurées en spectacles sportifs, avec fédérations, championnats de France et rendez-vous estivaux. De quoi, à l’heure où le cow-boy fait recette, rappeler que la France regorge d’autres traditions à raconter.

Info sur le site de la Fédération de Gouren

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Isère vacances vertes sportives et jazzy

Photo d’ouverture : Les locaux du club ABVO : Alain Guimet à gauche et Christophe Trincaz à droite © Stihl Timbersports