Biennale de Venise Yto Barrada au Pavillon français

Biennale de Venise Yto Barrada au Pavillon français. L’artiste franco-marocaine aux talents pluriels explore migrations, héritage coloniaux ou encore les marges et leurs souffrances.
Pour la 61e Biennale d’Art de Venise, intitulée In Minor Keys, le Pavillon français sera éclairé par les utopies de Yto Barrada. Née en 1971 à Paris, l’artiste franco-marocaine est souvent présentée comme une figure iconoclaste de l’art contemporain. Ses talents pluriels, quelle déploie entre New-York et Tanger, couvrent photographie, sculpture, vidéo, créations d’installations. Yto Barra est aussi fondatrice de projets socio-culturels (comme la Cinémathèque de Tanger). Son œuvre multidisciplinaire explore les migrations, les utopies perdues et retrouvées, les héritages coloniaux, les pédagogies alternatives et les communautés invisibles ou marginalisées.
Le jury, présidé par Claire Le Restif (directrice du Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac), l’a sélectionnée pour « sa pratique multidisciplinaire qui unit diverses communautés artistiques et sociales dans la quête d’une nouvelle utopie ». Un choix validé par les ministres Jean-Noël Barrot (Europe et Affaires étrangères) et Rachida Dati (Culture).
Yto Barrada x Myriam Ben Salah
Yto Barrada a elle-même désigné Myriam Ben Salah comme commissaire de l’exposition. Myriam Ben Salah, directrice et chief curator de la Renaissance Society à Chicago, est une voix singulière et inspirante pour l’artiste, connue pour son regard poétique et incisif sur l’art contemporain, les récits historiques et les canons artistiques.
Le titre exact du projet et les détails de l’installation restent confidentiels à ce stade (mi-mars 2026). Toutefois, l’œuvre de Barrada s’annonce comme une exploration subtile et engagée. Indéniablement en résonance avec le thème In Minor Keys de la regrettée Koyo Kouoh. Une évocation de fréquences basses, de murmures, de connexions intimes et des résistances discrètes face au bruit du monde. Attendue comme l’une des contributions les plus attendues des Giardini, elle promet de déployer des « mondes » à la fois historiques, naturels et communautaires dans l’espace rénové du pavillon.
Photo d’ouverture : Yto Barrada et Myriam Ben Salah | © Benoît Peverelli
Site officiel de L’Institut Français https://www.institutfrancais.com/fr/pavillon-francais-biennale-venise
Le “retour en force” du Pavillon français après une parenthèse écologique
Situé aux Giardini, le pavillon historique – construit en 1912 et rénové à plusieurs reprises – le Pavillon français a été fermé pendant environ un an (de 2025 à début 2026). Objectif : des améliorations fonctionnelles importantes et une réduction significative de l’empreinte carbone. Objectif de -25 % d’ici fin 2026, en regard des Accords de Paris et de la Stratégie Nationale Bas Carbone de l’Institut français.
Plutôt que d’annuler la participation française, l’Institut français a donc choisi un projet aligné sur les normes écologiques. « Vivre avec / Living with » a été conçu par les architectes Dominique Jakob et Brendan MacFarlane (agence Jakob+Macfarlane).
De quoi s’agit-il ? Une structure temporaire légère, zéro-déchet et réalisée in situ à Venise a alors été érigée autour du pavillon en rénovation. Elle utilisait des matériaux réemployés localement (échafaudages, tissus, filets loués sur place). Cette installation poreuse et inclusive – ouverte sur le canal – a fonctionné comme un espace vivant. Elle était à la fois lieu d’exposition, de rencontres, de conférences mensuelles et de laboratoire pour des contributions françaises et internationales. Elle incarnait aussi les thèmes de cohabitation, de réutilisation et d’intelligence collective face aux crises environnementales et sociales.
Résultat : un succès public avec plus de 151 665 visiteurs (sur les 298 000 totaux de la Biennale).
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