Venise 2026 : 7 nouveaux pays à la Biennale

Venise 2026 : 7 nouveaux pays à la Biennale. De la Somalie au Qatar en passant par la République de Nauru les propositions reflètent les nouveaux horizons de l’art contemporain.

La 61e Biennale Arte n’est pas seulement marquée par la disparition de sa commissaire, Koyo Kouoh, et par son thème introspectif In Minor Keys. Elle s’élargit aussi géographiquement avec une vague de premières participations nationales. Sur les 99 pavillons officiels annoncés, sept pays font en effet leur apparition à la Biennale Arte. De plus, El Salvador passe un cap majeur en présentant son tout premier pavillon dédié. C’est un signal fort d’ouverture vers des régions souvent sous-représentées – Afrique subsaharienne, Pacifique, Moyen-Orient, Asie du Sud-Est – en phase avec l’esprit « mineur » qui valorise les voix périphériques.

Line-up des nouveaux venus

Voici le line-up des nouveaux venus (source : communiqué officiel de La Biennale di Venezia, mars 2026) :

  • République de Guinée : Première participation nationale. Un pavillon qui mettra en lumière des pratiques contemporaines guinéennes, souvent ancrées dans les traditions orales, la musique et les questions postcoloniales. Pas encore d’annonce officielle d’artiste ou de commissaire, mais on attend un geste diplomatique et culturel fort.
  • République de Guinée Équatoriale : Début historique. Ce petit pays d’Afrique centrale (franco- et hispanophone) arrive avec un projet qui pourrait explorer les tensions entre ressources pétrolières, identité culturelle et diaspora. La promesse d’une une voix rare sur la scène biennale.
  • République de Sierra Leone : Après des années de présence via des collectifs ou des événements collatéraux, le pays fait son entrée entre officielle. Focus probable sur la résilience post-guerre civile, la jeunesse et les arts visuels émergents.
  • République Fédérale de Somalie : Une première participation émouvante pour un pays marqué par des décennies de conflits. Elle pourrait porter sur la mémoire, la diaspora et la reconstruction culturelle.
  • République Socialiste du Vietnam : Retour en force après de longues absences. Le Vietnam apporte souvent une esthétique minimaliste, conceptuelle et engagée sur l’histoire postcoloniale et la mémoire de guerre.

Qatar : affiche de stars

Pavillon du Qatar © Lina Ghotmeh

Pour sa première participation, le pays engage de grands moyens. Guidé par Son Excellence Cheikha Al Mayassa bint Hamad bin Khalifa Al Thani, l’émirat investit dans un pavillon permanent aux Giardini (conçu par Lina Ghotmeh) et un projet collectif Untitled (gathering of remarkable people) réunissant des stars internationales : Rirkrit Tiravanija, Sophia Al Maria, Tarek Atoui, Alia Farid et Fadi Kattan. On pressent le dialogue entre art global, identité arabe et expérimentation sonore/multidisciplinaire.

République du Nauru : urgence submersion

République de Nauru : La plus petite république insulaire du monde (21 km², Pacifique) fait son entrée avec un pavillon collectif intitulé AIM Inundated, Imagining Life After Land (organisé par Khaled Ramadan au Fondaco Marcello). Artistes invités : Kauw Tsitsi, CPS (Khaled Ramadan & Alfredo Cramerotti), Patricia Jacomella Bonola, Tedo Rekhviashvili, Sylvia Grace Borda, Ron Laboray, Dorian Batycka, Khaled Hafez, Iv Toshain, Stefano Cagol. Thème ultra-actuel : submersion climatique, perte de territoire, survie post-terrestre. Un des pavillons plus symboliques et urgents de l’édition.

El Salvador © José Oscar Molina

Bonus : El Salvador – Pas une « première absolue » au sens strict mais premier pavillon national autonome pour le pays. Représenté par José Oscar Molina (Salvadorien-Américain) avec Cartographies of the Displaced (au Palazzo Mora). Le projet explore migration, déplacement et communautés via 15 œuvres de la série « Children of the World », avec QR codes menant à des témoignages réels. Curatèle : Alejandra Cabezas. Un pavillon poignant sur l’exil et l’identité.

Ces débuts s’inscrivent dans une Biennale qui compte aussi des retours (Russie après hiatus, Inde après une absence de sept ans, Nouvelle-Zélande après l’annulation 2024) et des absences notables (le Nigeria se réserve pour 2028). Avec ces nouveaux entrants, venus surtout d’Afrique et du Pacifique, Venise 2026 élargit vraiment sa carte du monde – et colle parfaitement à la vision de Koyo Kouoh sur les tonalités discrètes et les récits marginaux.

Site officiel Biennale di Venezia : https://www.labiennale.org/

Photo d’ouverture : pavillon République de Nauru © Organisation

Article lié Venise 2026 : 7 nouveaux pays à la Biennale

Biennale de Venise Yto Barrada au Pavillon français

Polémiques à la Biennale de Venise 2026 : Quand l’art rencontre la géopolitique