Le fantôme de Versailles – dernière enquête de Gabriel Joly

Le fantôme de Versailles – dernière enquête de Gabriel Joly. Le quatrième tome de la série imaginée par Henri Lœvenbruck marque le crépuscule de la monarchie française. Le 6 octobre 1789, le peuple envahit Versailles et le héros affronte son ennemi de toujours. Un polar haletant et bien documenté.
Les aficionados de la série retrouvent avec plaisir Gabriel Joly, journaliste chroniqueur de la Révolution, engagé dans la défense des idéaux des Lumières et toujours meurtri par la perte de son premier amour, Lorette Printemps.
Mais un duel dans une cave méphitique où triment des enfants esclaves tourne mal. Gabriel Joly, qui lutte pour leur libération, est blessé. On annonce bientôt sa mort. Ses amis le pleurent. Rétif le pirate, Anne-Josèphe Théroigne, l’amazone de la Révolution mais aussi des figures du Club des Cordeliers notamment Georges Danton et Camille Desmoulins.
Peu de temps après, une silhouette mystérieuse – le Fantôme – semble hanter les couloirs de Versailles. Un fantôme au masque blanc qui tue un lieutenant du roi et dépose des missives d’outre-tombe dans les appartements de la reine. Mais est-ce bien la même créature ?
Henri Lœvenbruck situe sa série entre le 14 juillet et le 7 octobre 1789. Dans chacun des opus, la fiction et les destins personnels se frottent aux événements historiques. Le Fantôme de Versailles s’attache donc à un moment décisif de la Révolution, un moment de bascule. Paris gronde, la faim pousse les émeutes, et des milliers de femmes marchent sur Versailles pour ramener le roi et sa famille à Paris.
Écrire la misère et le faste
Le travail de documentation est précis. Dates, lieux, personnages, mais aussi matières, tissus, mobilier toute la magnificence de Versailles est là. Son monde de privilèges et son étiquette. On s’aventure également dans le Hameau de la Reine et les écuries. Avec l’aide du Château, Henri Lœvenbruck décrit aussi les couloirs, les souterrains. Un dédale, un monde en soi. En parallèle, l’auteur nous plonge dans un Paris populaire où la misère est criante, comme la crasse. Un Paris de détritus où seules quelques grandes demeures autour du Louvre affichent un faste inspiré de la Cour. Une capitale dangereuse, une cour des miracles.
L’auteur restitue aussi l’ambiance d’incertitude, les hésitations et les premières tensions parmi les députés. On devine les ambitions de Danton, on perçoit le charisme de La Fayette. Henri Lœvenbruck évite la caricature et dépeint un Louis XVI hésitant, porteur d’une charge trop lourde pour lui et qu’il n’a d’ailleurs jamais désirée.
De cape, de mystère et d’amour
La recette d’Henri Lœvenbruck c’est un mélange d’action, de romance et d’histoire. Les épées s’entrechoquent avec fracas, les chevaux galopent pour faire justice, le poison attend dans des flacons enivrants. Tout est urgence, tout est danger.
Mais ce monde en métamorphose accorde aussi une place à l’espoir. Celui de l’amour avec Rose, la jeune écuyère qui enseigne l’équitation à la fille de Marie-Antoinette. Ensemble, Rose et Gabriel devront percer les mystères du Fantôme et de l’abominable Colonel Duviviers, ennemi juré de Gabriel.
Intrigue bien construite, page-turner, Le fantôme de Versailles permet à la fois de se distraire et de suivre les événements qui ont mené la famille royale aux Tuileries. Idéal pour un week-end au calme, surtout si vous avez déjà suivi les aventures précédentes de Gabriel Joly (Le Loup des Cordeliers, Le Mystère de la main rouge et L’Assassin de la rue Voltaire). Ce quatrième tome clôt la série de manière agréable et même renversante.
INFOS
Le Fantôme de Versailles
Henri Lœvenbruck
22,90 euros
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