Chang’E et la Lune du mythe au conte pop

Chang’E et la Lune du mythe au conte pop. Et si la seule façon d’échapper au temps qui passe était d’apprendre à y habiter ? C’est la question que pose le collectif Le Manège avec Chang’E et la Lune, une relecture libre, loufoque et contemporaine du mythe chinois de la déesse de la Lune.


Du mythe originel à la fable contemporaine


Dans le conte traditionnel, Houyi et Chang’E, deux divinités devenues mortelles, reçoivent de l’Empereur Yao une fiole d’élixir d’immortalité. Mais, terrifiée par la peur de vieillir, Chang’E boit seule la potion. Son corps devient si léger qu’elle s’envole vers la Lune à jamais, tandis que Houyi, lui, reste sur Terre.

Dans cette adaptation, Chang’E tombe amoureuse de Houyi, un astronaute, et le suit sur terre. Elle se retrouve alors prisonnière d’un laboratoire humain, s’évade et entreprend un voyage initiatique vers le Mont Kunlun pour regagner la Lune.

Sur sa route, elle traverse des univers aussi poétiques que délirants : une SNCF au management ubuesque, une mafia d’oiseaux, un empire obsédé par l’immortalité.

L’adaptation est résolument actuelle : un empereur à la Elon Musk rêve de conquête spatiale et d’éternité, tandis qu’une chercheuse en jeunesse éternelle, masque LED sur le visage, tente de satisfaire les fantasmes du dirigeant.

Une mise en scène économe et virevoltante

Sur scène, la magie opère en dépit de l’économie de moyens. Un unique cadre en bois modulable habillé de toiles blanches sert à la fois d’écran de projections, de support pour le théâtre d’ombres et de coulisses. Les couleurs oscillent entre bleu franc et teintes flottantes ; les costumes, signés Max Rapertti-Maus, dessinent des silhouettes immédiatement lisibles. En fond, Octave accompagne le récit à la scie musicale, percussions et synthés, dans un univers sonore entre rock et techno.

Les comédien(nes) passent du jeu au mime, de la danse au chant, dans un travail choral et jubilatoire. La metteuse en scène Sarah Zaher puise dans le mapping, les ombres chinoises et les influences de Michel Ocelot pour livrer sa vision malicieuse de la légende sans jamais prétendre transposer la culture chinoise.


Drôle, virevoltant et poétique, Chang’E et la Lune transforme un conte millénaire en fable moderne sur notre rapport au temps, à la jeunesse et au progrès.

En bref, un bon moment de théâtre émergent.

Finaliste du concours Nanterre sur Scène 2026, ce spectacle prouve qu’avec peu de moyens et beaucoup d’inventivité, on peut encore faire rêver.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

Infos pratiques

Chang’E et la Lune

🗓️ Du 4 au 25 juillet 2026 – relâche les 9, 16, 23 juillet

⏰ 18h00

Durée : 1h15

📍 Festival d’Avignon Off Théâtre du rempart

💵 Tarifs : de 10 à 17 euros