Dysmorphie snapchat : sos chirurgie esthétique

Dysmorphie snapchat et chirurgie esthétique. Ooops c’est quoi ce mot bizzare ?

En 2018, le Dr Esho, praticien britannique, s’inquiète de la multiplication de demandes inédites chez les ados. De quoi s’agit-il ? En bref de devenir plus ou moins le copycat d’un selflie avec filtres snapchat ou insta via la chirurgie esthétique.
Quelques mois plus tard un groupe de chercheurs de Boston alerte sur la quête d’une image idéale : grand yeux type manga, bouche charnue, peau blanchie et zéro défaut.Bref une image filtrée. Des demandes qui témoignent ou présagent d’une dysmorphie snapchat selon l’expression du médecin anglais Matthew Schulman. 
Finelife TV a interrogé le Dr Aurélie Fabié-Boulard membre de la Sofcep (Société Française des Chirurgiens Esthétiques Plasticiens)

Selon elle, l’Hexagone serait épargné par cette demande de chirurgie esthétique numérique. Donc en France dysmorphie snapchat : SOS chirurgie esthétique non ?


Extraits  


La dysmorphophobie c’est quoi ? 


Le médecin définit la dysmorphophobie – ou dysmorphie selon l’acception anglo-saxonne- comme une “distorsion de l’image de soi-même. On peut par exemple avoir l’impression d’avoir un gros nez alors qu’il est parfaitement normal à partir du moment on l’on prend une photo de très près avec un téléphone”.
Nous précisons que selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l’American Psychiatric (DSM-IV), la dysmorphophie est un trouble qui se caractérise par une fixation durable et pathologique sur un défaut corporel souvent imaginaire et très exagérée : taille, pilosité, nez, yeux, oreilles, seins, etc.
Dr Aurélie Fabié-Boulard ajoute “On est habitué en chirurgie plastique à recevoir des patients qui peuvent présenter des pathologies de type psychiatrique. Il faut expliquer la normalité et c’est ce que l’on fait au quotidien dans nos consultations”. En cas de besoin le recours à un psy est conseillé.


Quid du rapport des chercheurs de Boston?  


Petit rappel ! Les selfies des appli -Factetune, Meitu- qui envahissent les réseaux sociaux mettent à la portée de tous un type de beauté normée réservée jusqu’à présent aux acteurs et autres célébrités. 
En aôut 2018, dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), des chercheurs de l’Université de Boston s’inquiètent du fait que les patients souhaitent recourir une chirurgie esthétique qui les aiderait à ressembler à des versions filtrée d’eux-mêmes.


Le Dr Aurélie Fabié-Boulard admet que certains profils “évoquent des rides ou des formes sur des photos. On leur explique qu’un téléphone à proximité d’un visage peut modifier un contour”. En revanche elle dément de façon catégorique avoir “en consultation des patients qui nous demandent d’être à l’identique de ces images modifiées, idéalisées et qui ressemblent plus à des dessins animés qu’à la réalité”(1)
Beauté irréalisable et dévalorisation de soi ?

Dysmophie snapchat


Dans le “rapport de Boston”, les médecins américains estiment que les filtres insta avec leur chirurgie  instantanée et digitale génèrent un désir de beauté dont les critères sont irréalisables avec un bistouri d’où une insatisfaction qui peut tourner à la dévalorisation de soi et avoir des conséquences pathologies comme la dysmorphophobie ou dysmorphie snapchat du nom des filtres de l’appli. Donc dysmorphie snapchat : sos chirurgie esthétique oui et … souci !


“Sincèrement ce qui se passe aux États-Unis n’a rien à voir avec la France” selon le Dr Aurélie Fabié-Boulard “Même si l’on reçoit des patientes très perturbées par l’image qu’elles veulent donner, cela reste exceptionnel”.
La raison de ce décalage résiderait pour le chirurgien dans la culture française du naturel, la “French Touch”, qui cantonne les requêtes à des “demandes classiques”. Pour l’instant. Elle poursuit en affirmant que les filtres peuvent être une sorte de détecteur  “Ils montrent qu’avec de petites choses il est possible d’embellir un visage. Il n’y a pas que des dérives”.
Tout irait donc bien en France où la chirurgie et les patients se montreraient responsables loin des folles aspirations américaines et asiatiques.


Les filtres reflet de la domination d’une beauté caucasienne ?


Des utilisatrices américaines ont parlé d’uniformisation des critères de beauté : petit nez, peau blanchie, grands yeux non bridés. L’une d’elle a remonté la pistes des concepteurs de filtres et s’est aperçue qu’ils étaient conçus par des hommes blancs. 
Le Dr Aurélie Fabié-Boulard préfère voir dans les filtres un outil ludique utilisé par des personnes qui en majorité savent le manier et sont organisées en communauté ayant déjà leurs propres critères ethniques. Donc, pour elle, pas de problème là non plus.


(1) les filtres Snap peuvent évoqués des dessins animés pas ceux d’Insta

Sofcep (Société Française des Chirurgiens Esthétiques Plasticiens)https://www.chirurgiens-esthetiques-plasticiens.com/

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