Polar Corneille ou la vengeance corse

Polar Corneille ou la vengeance corse. Dans son dernier roman Patrick Besson explore la vengeance au rythme de Corneille et de la hache des Tudor. Le tout en Corse avec une Colomba qui se fait doubler. Un récit savoureusement immoral où les punchlines remplacent les alexandrins.
Tout commence en vacances. Dans l’Ile où toutes les rues ou presque portent le nom du clan Bonaparte. Du moins au yeux du héros. Une Ile de beauté, d’honneur et de sang. Celle de Colomba, l’héroïne de Mérimée diva vendettaesque. En revanche on y attend moins Pierre Corneille. Encore moins en édition complète et au bord de la piscine azur de l’hôtel.
C’est dans cet hôtel plein d’étoiles que le héros rencontre son ancien patron, Jean-René. L’ennemi, le salaud qui l’a viré. Mais voici maintenant l’ex-rédacteur en chef lui-même chômeur et en situation conjugale délicate. Ce digne retour des choses ne suffit pas. En digne fille de Corse, Colomba l’épouse, encourage son mari à la vengeance. Des petites choses d’abord. Un match de tennis, un défi de natation. Puis les choses se corsent. Et voici un combat de coqs pour la conquête de la jeune férue de Corneille, la belle Lisa. L’auteur explore alors l’engrenage de la violence. Au fil des tragédies de Corneille dévorées par Lisa.
Patrick Besson ne laisse aucun répit. Dès la première phrase l’écrivain installe la drame, pose son style incisif, cynique et hilarant et dynamite les dilemmes de la tragédie.
« Quand il a souri, j’ai compris qu’il était : mon ennemi aux lèvres pulpeuses de putain mal refaite. Dans ses yeux, la même méchanceté qu’on y trouvait naguère, quand il y avait encore le choix entre le Bien et le Mal ».
Le résultat est un récit délicieusement immoral servi par une palette de personnages plus succulents les uns que les autres. Du bûcheron québécois à l’accent aussi affuté que la hache au cousin corse tout juste relaxé.
INFOS
Presque tout Corneille
Patrick Besson
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