MonkeyBird street art vs gothique futuriste

MonkeyBird street art vs gothique futuriste. Le duo bordelais couvre les murs de fables animalières qui parlent du présent à travers une esthétique inspirée des vitraux et de l’architecture des cathédrales. Découverte à l’Urban Art Fair.

On les a vus au château de Fontainebleau, où ils ont investi la palissade d’entrée avec La Mémoire des Pierres, une fresque monumentale au pochoir mariant architectures historiques et symboles animaliers. On les a vus à Boulogne-sur-Mer, où leur L’Échassier (un échassier majestueux entouré de nénuphars et d’écrevisses) a transformé une façade urbaine lors du festival Street Art. Et on les a également vus à Metz, avec une œuvre imposante où un oiseau tient un sablier, jouant avec le temps et la mémoire des lieux.

Il y a quelques jours seulement, le collectif accueillait le public de l’Urban Art Fair (19-22 mars 2026 ) pour sa 10e édition. Sur la façade du Carreau du Temple, à l’entrée même de la foire, un sticker géant et une composition en pochoir : singe et oiseau enlacés dans une architecture gothique-futuriste.

Monkeybird en bref

Fresque Bayonne, MonkeyBird 2022 © Galerie H

MonkeyBird est un duo français né à Bordeaux entre 2009 et 2012. À sa tête, Édouard Egéa (alias Blow, l’Oiseau, le rêveur) et Louis Boidron (alias Temor, le Singe, le réaliste). Formés à l’école des arts appliqués de Bordeaux, les deux artistes se sont associés pour donner vie à un bestiaire totémique qui incarne les deux faces de l’humanité : le singe ancré dans le concret et l’oiseau tourné vers l’imaginaire. Ils vivent et travaillent aujourd’hui entre Bordeaux et Paris, et ont rapidement imposé leur style dans le paysage du street art international, du Mexique aux Émirats arabes unis en passant par l’Irlande ou l’Espagne.

L’art du pochoir

Détail œuvre – vue exposition Urban Art Fair 2026

Leur technique ? Le pochoir poussé à son paroxysme : découpes ultra-précises, superpositions de couches, détails architecturaux d’une grande finesse. L’ensemble traité avec palette généralement en noir et blanc rehaussée d’accents dorés ou colorés. Les street artistes passent du mur monumental à l’œuvre de galerie en mélangeant spray, collage et gravure.

Monkeybird à l’Urban Art Fair

MonkeyBird – vue de l’exposition Urban Art Fair – Stand galerie H

À l’Urban Art Fair 2026, présentés par la Galerie H, MonkeyBird a une nouvelle fois démontré sa capacité à dialoguer avec l’architecture. L’intervention sur la façade du Carreau du Temple attirait le regard : singe et oiseau semblaient sortir des pierres du bâtiment, comme si les mythes prenaient vie au cœur de Paris. À l’intérieur du stand, les visiteurs ont découvert des pièces plus intimes – toiles et sérigraphies – avec, toujours, ce savant équilibre entre références classiques (arches, colonnes, cathédrales) et symboles contemporains (mécaniques, équilibre précaire entre nature et culture).

Les fables murales comme récit du présent

Ce qui distingue MonkeyBird, c’est cette narration animalière. Le singe et l’oiseau ne sont pas de simples personnages. Ils sont les avatars d’une humanité duale, prise entre réalisme brut et aspiration poétique. Les fresques deviennent des fables modernes, pleines de mythologie, d’architecture classique et de critiques sociales discrètes. Le résultat est à la fois monumental et intimiste, accessible au passant comme au collectionneur.

Gothique Futuriste

© MonkeyBird – La Conférence des oiseaux


Le duo a façonné un univers souvent qualifié de « gothique-futuriste » qui séduit autant les amateurs de street art que les passionnés d’art contemporain.

Gothique Futuriste car le monde de MonkeyBird évoque indéniablement les vitraux : lignes précises, superpositions, motifs architecturaux et effet de lumière filtrée. D’autre part, parce que les références aux cathédrales gothiques, aux enluminures et à l’ornementation classique sont assumées. On y retrouve des arches, des colonnes, des oculus et des rosaces qui donnent une impression de monumentalité presque sacrée, transposée dans le street art.

Ce n’est pas un gothique sombre ou romantique, mais plutôt une version graphique et contrastée,. Le rendu est technique, presque gravé, et dialogue fortement avec l’architecture des lieux où ils interviennent.

MonkeyBird prouve une fois de plus que le street art n’est pas qu’une affaire de tags éphémères. C’est est une véritable écriture visuelle, précise, poétique et intemporelle, qui transforme chaque mur en page d’un grand livre ouvert sur le monde. À suivre de près !

INFOS

Site : Galerie H

Site MonkeyBird : BigCartel

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