VivaTech 2026 : entre Disneyland et enjeux de la tech

VivaTech 2026 : entre Disneyland et enjeux de la tech. Le plus grand événement européen dédié aux startups et à la tech, fête ses dix ans. Souveraineté numérique oblige, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, y a notamment annoncé un investissement de 655 millions d’euros en faveur de l’IA. Car la manifestation, au-delà du grand show pixels vs bots, questionne le politique, l’économie, la culture, la puissance en général.

Ce samedi, les allées de VivaTech ont des allures de Disneyland… mais sans les princesses. À la place : des robots aux allures de mangas, des chiens bots qui font des pirouettes acrobatiques, des humanoïdes en plein kickboxing, des parades mécaniques et des danses synchronisées. Mais loin de Toy Story, le salon européen de la tech offre une plongée à la fois dans le demain et dans l’aujourd’hui.

Robots UNITREE – démonstration


La force de VivaTech réside dans cette capacité à montrer concrètement l’irruption de la technologie, et bientôt des robots, dans notre quotidien. Frigos connectés, voitures autonomes de luxe, parfums algorithmiques à 15 €, drones, solutions pour la mobilité, la santé, la défense, la finance ou encore l’optimisation de locations saisonnières : tout y passe.


Le spectaculaire n’est jamais loin : Live POD, capsules d’exploration spatiale, et démonstrations d’ordinateurs quantiques aux allures d’orgue (IBM Quantum) qui fascinent les visiteurs.

VivaTech 2026 – stand L’Oréal – vue de l’exposition

Côté beauté et création, l’expérience est tout aussi forte. IA personnalisables pour analyser la peau, gigantesque stand L’Oréal dédié à la cosmétique de demain, lunettes connectées Meta en version chic Oakley, et applications fashion avec mannequins virtuels pour développer son business. Samsung fait partie des stands les plus fréquentés avec ses combinaisons offres de soins et de bien-être via ses téléphones connectés et expériences ultra immersives et colorées.

Culture, patrimoine et inclusion

Atelier VivaTech 2026 – apprentissage à la détection des deepfakes



La tech n’oublie pas l’humain. Avec Histovery, le patrimoine français reprend vie : Notre-Dame, châteaux et grands monuments se redécouvrent à travers des expériences immersives. Iconem, elle, propose un voyage au cœur des merveilles du monde grâce à une modélisation 3D haute précision, pensée pour préserver et rendre accessible le patrimoine culturel mondial. Plus surprenant encore : le passage du Stradivarius au 3Dvarius, ce violon électrique imprimé en 3D, avec démonstrations live à la clé.


L’IA est également au cœur de la création culturelle. Une session était consacrée au passage du prototype au grand écran, réunissant des intervenants comme Artefact, Google ou Partizan Films pour explorer l’IA au service du cinéma.


Autre défi : repérer les deepfakes autour d’une animation interactive très pédagogique centrée sur des photos d’archives. Une animatrice projetait des images d’infirmières de la Seconde Guerre mondiale et demandait au public de deviner si elles étaient authentiques ou générées par IA.


Côté inclusion, le maestro by Concerti, un instrument musical sensoriel, transforme chaque geste en musique. Sans écran et sans besoin d’apprentissage musical, ce dispositif permet à tous, et notamment aux enfants handicapés, de composer et de jouer instantanément. Une belle démonstration de tech inclusive et accessible.

Toujours dans le son, le « duo » entre une chanteuse lyrique et une IA qui l’écoute et poursuit le morceau.


Mentalista : fascination et zones d’ombre

Bastien Didier au Discovery Stage


Au Discovery Stage, Mentalista intrigue et inquiète à la fois. Le principe : un bandeau posé sur le crâne capte l’activité cérébrale en temps réel. Sur scène, Bastien Didier, le fondateur, invite des spectateurs à le rejoindre, à se relaxer, et à visualiser un jardin, un arbre, des feuilles. Sous les yeux du public, le dessin prend forme à l’écran, simplement piloté par leur activité mentale. L’effet est saisissant. L’expérience est transposable au foot.


Mais cette interface cerveau-machine n’est pas qu’une curiosité de salon : elle est déjà déployée par exemple dans le BTP (analyse notamment de la concentration au travail). Le fondateur assure que les données restent locales. Mais la question demeure entière : quand le cerveau lui-même devient une interface, qui garantit que ces données – parmi les plus intimes qui soient – ne seront jamais centralisées, recoupées ou exploitées ailleurs ?

Derrière la fête, les enjeux de souveraineté et de modération

VivaTech 2026 – Booth Samsung



Derrière cette méga fête à la Hollywood-Disney européenne, une question traverse les allées : qui encadre réellement ces innovations, et qui contrôle les données qu’elles génèrent ?

Les ministères, les régions françaises, la Caisse des Dépôts, la BPI, la Banque Postale, les grandes écoles d’ingénieurs et les fleurons de l’industrie française, étaient bien présents. Comme l’étaient les institutions européennes, dont l’Allemagne – pays invité -, mais aussi le Japon ou encore Taïwan et la Corée. Dans un contexte où la souveraineté numérique et technologique est le grand mot d’ordre de la France et de l’Europe, qui assure vraiment la protection des données face à ces innovations ultra-intrusives ?


Face à l’invasion des fake news et des contenus problématiques, Alexandre Sossou, directeur général et fondateur de Moderering, est intervenu lors d’un Pitch à VivaTech pour présenter son IA verticale dédiée à la modération de contenu en temps réel, une réponse technologique française à un défi majeur de notre époque.

La masterclass L’esprit Picasso de Yann Caloghiris (Left Field Labs ) s’est, quant à elle, penchée sur un enjeu particulièrement anxiogène : sauver l’emploi, façonner les carrières face à l’IA. Comment ? En activant justement la maîtrise de la culture, des connexions humaines, en renouant – toutes proportions gardées – avec le geste créatif de Picasso, son jugement, son goût, sa singularité face à des machines de plus en plus créatives.


VivaTech 2026 rend le futur désirable, fun et accessible. Mais entre bandeaux connectés au cerveau et lunettes intelligentes, la question n’est plus de savoir si la tech s’invitera dans notre intimité — mais qui, demain, en gardera les clés. On note par ailleurs sur un salon un manque d’initiatives de taille contre le changement climatique auquel l’IA et le tech contribuent en captant notamment eau et ressources énergétiques.

INFOS

VivaTech

Du 17 au 20 juin 2026

Parc des expositions de la Porte de Versailles · 1, Place de la Porte De Versailles, 75015 Paris

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NOÛS à la BnF – festival Art et IA